Stratégie de gestion de l'azote chez miscanthus

Gestion de l’azote par la culture de Miscanthus sinensis : vers de nouveaux services écosystémiques. Article à paraître bientôt dans GCB Bioenergy.

Pour viser un service écosystémique de régulation de l’eau autour des points de captage afin de préserver la qualité de l’eau distribuée aux habitants, l’idée est de rechercher des génotypes absorbant beaucoup d’azote pour pomper les nitrates en excès dans le sol. Pour viser un autre service dit de soutien, une autre possibilité est de trouver des génotypes recyclant au mieux l’azote. Existe-t-il des variations entre génotypes qui permettraient plus ou moins d’absorber ou de recycler l’azote ?

Un enjeu majeur est de produire beaucoup de biomasse tout en valorisant les impacts environnementaux positifs afin de rendre des services écosystémiques, c’est à dire utiles à l’homme.

La culture pérenne de miscanthus a la particularité d’absorber l’azote du sol mais surtout de le recycler pour produire de la biomasse, ce qui évite de lui en apporter.

Existe-t-il des variations entre les individus, appelés génotypes, qui permettraient d’absorber plus ou moins d’azote et de le recycler plus ou moins ?

Les différentes stratégies de gestion de l'azote chez Miscanthus sinensis
Les différentes stratégies de gestion de l'azote chez Miscanthus sinensis © Shehryar Iqbal
  • Dans une descendance de 80 individus diploïdes différents de Miscanthus sinensis, trois groupes présentant des stratégies de fonctionnement différentes ont été mis en évidence :
    • Un groupe d’individus qui absorbent beaucoup d’azote et produisent beaucoup de biomasse (en vert sur le graphique de droite) : ils sont aptes pour le « service de régulation de l’eau » dans les zones de captage d’eau potable où les sols sont parfois trop chargés en nitrates à cause des précédents culturaux.
    • Un autre groupe d’individus qui recyclent bien l’azote tout en produisant beaucoup de biomasse (en marron sur le graphique) : ils sont aptes pour le « service de soutien » sur des sols pauvres qui sont faiblement valorisables par d’autres cultures.
    • Un troisième n’a pas vraiment d’intérêt agronomique mis à part celui de mettre en évidence la supériorité des deux autres groupes (en rouge sur le graphique).

En perspective, il sera nécessaire de rendre stériles de tels génotypes afin de pouvoir les cultiver tout en évitant le risque d’invasivité par dispersion de graines dans l’environnement.